Angleterre-Nouvelle-Zélande : une demi-finale en noir et blanc

Le choc de cette Coupe du Monde entre maillots blancs et tuniques noires n’avait rien d’un film en noir et blanc mais tout d’une affiche haut en couleur et, pour le coup, on n’a pas été verts.

Cette finale avant l’heure entre anglais et Néo-zélandais que d’aucuns annonçaient épique sera à marquer d’une pierre blanche, frappée de La Croix de Saint Georges. Car après douze ans d’invincibilité dans la compétition mondiale et une défaite face à nos bleus du XV de France (une époque bien révolue…), les All Blacks ont chuté, comme disparus dans un trou noir. Sans avoir touché le moindre ballon, ils ont rapidement été menés après un essai en force du surpui-centre Manu Tuilagi (2e). S’en est suivie une démonstration anglaise. Impressionnante de rigueur tactique, parfaitement au point techniquement et agressive à souhait, l’équipe du sorcier Eddie Jones a su user de sa magie blanche afin de se transformer en véritable bête noire pour les « néo-z ». Grogui a la suite de cet essai prématuré, le quinze de la fougère n’a jamais su se relever de la terrible marée blanche qu’elle n’a cessée de subir durant toute la partie. Entre les plaquages dévastateurs d’une troisième ligne aussi jeune que talentueuse et l’adresse diabolique d’un ouvreur en verve, la « white mechanic » s’est montrée implacable.

Une histoire écrite blanc sur noir

La série noire pour les blacks n’a été que partiellement interrompue par la malice d’un Ardie Savea aux aguets pour inscrire le seul essai de son équipe à la suite d’une touche ratée du talonneur anglais Jamie George (57e), unique once d’encre sur une bien pâle copie. A l’image d’un Sam Whitelock tentant l’uppercut sur Owen Farrell, les hommes de Steve Hansen, saignés à blanc, n’ont pu que broyer du noir jusqu’à la fin du match. Défaillant, balbutiant et tout simplement impuissant, le XV Neo Zélandais a définitivement hissé les drapeaux blancs au cours d’une dernière action hautement symbolique, incapable de trouver la moindre faille dans l’hermétique muraille britannique. Si un « Black » était finalement élu homme du match en la personne de Maro Itoje, celui-ci portait bien le maillot blanc d’une équipe aussi pluri-ethnique que talentueuse. 

Le XV de la rose a illuminé cette demi-finale dans la nuit noire de Yokohama. Et devant un tel spectacle, on a rougi de plaisir…

Louis Fabre.

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