Une escapade japonaise en plein coeur de Bordeaux

Laissez-vous emporter par la magie des chōchin, les lanternes iconiques japonaises, au sein de la courte mais fantastique exposition As movable as butterflies du Musée des arts décoratifs et du design.

Situé au 39 rue Bouffard à Bordeaux, à quelques pas de l’arrêt Gambetta, une expérience mystique vous attend. Jusqu’au 19 mai 2019, dans un décor du XVIIIème siècle, les célèbres lanternes japonaises sont à l’honneur et enchanteront votre feed Instagram.

C’est dans le cadre des Jeudis du musée, que l’histoire des chōchin nous a été présentée au détour d’une conférence animée par le créateur de l’exposition. Cette exposition permet de célébrer 160 ans de relation entre le Japon et l’Occident, le Japon étant sorti de l’ostracisme en 1868.

Le chochin, ce mode d’éclairage, objet ancien et archaïque, est devenu au fil des siècles un élément majeur de l’identité culturelle japonaise. Cet artisanat traditionnel se retrouve désormais dans le Japon moderne, ornant même les rues des grandes métropoles, et s’exporte dans le monde entier en étant devenu un objet de design très contemporain.

Ces lanternes sont faites d’une structure en bambou recouverte de papier d’écorce de murier. Elles sont ensuite décorées de calligraphie. Leur légèreté évoque avec justesse le caractère éphémère de la vie.

Depuis la fin du XVIème siècle, ces lampes portatives servent à éclairer le chemin mais on les retrouve aussi bien dans les maisons. Les chōchin sont également disposées autour de l’hôtel lors des hommages funéraires afin de prier et célébrer les défunts. Il s’agit de l’une des seules raisons pour lesquelles les fabricants traditionnels perdurent. Les Frères Kojima sont notamment la dixième génération de fabricants à Kyoto, et ont contribué à l’élaboration de l’exposition. Nous pouvons en effet retrouver une lanterne géante qui a été construite par leur soin le weekend dernier.

A partir des années 1950, les designers se sont emparés de ces lanternes, les popularisant jusqu’en Occident. Le principal acteur de cette diffusion est le sculpteur américain Isamu Noguchi qui découvrant un Japon d’après-guerre sera fasciné par sa richesse culturelle et ses traditions. Il collabore alors avec l’entreprise Hozeki dans la création d’une cinquantaine de formes de lanterne différentes. Le premier modèle est commercialisé en 1953 au Japon et aux Etats-Unis, devenant l’archétype de la modernité, par sa lumière belle et apaisante. Le créateur baptise ses lanternes très simplement Akari, c’est-à-dire « lumière » en japonais.

L’exposition s’est terminée par un verre de vin, comme tous les Jeudis du musée, et des lanternes étaient même en vente. Bien que le thème de l’exposition soit très précis, il m’a semblé intéressant de savoir l’histoire et la place de ces lanternes traditionnelles japonaises, que l’on retrouve désormais partout chez Ikea…

Rachel Constantin

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