Michelle Perrot, itinéraire d’une femme engagée

« Les femmes ont elles une histoire ? » c’est à cette question qu’en 1973 à l’université de Paris Jussieu, Michelle Perrot décide de répondre. Alors que l’histoire tend souvent à faire le récit des grands hommes, ceux que nous connaissons tous, ou des grands événements se déroulant en place publique, Michèle Perrot décide de se plonger dans les zones d’ombre de l’Histoire, de donner une voix à ceux que l’on a volontairement écartés.

Fortement influencée par les philosophes Simone Weil et Simone de Beauvoir, Michèle Perrot se décrit elle même comme féministe et c’est à ce sujet qu’elle décide de se consacrer, même si on lui répond « qu’elle ne ferait pas carrière avec ça ». Ce n’est que partie remise, elle se consacre d’abord à l’histoire du monde ouvrier, exhumant alors la figure de Lucie Baud, ouvrière, syndicaliste et meneuse de grèves dans son livre « Mélancolie ouvrière ».

Ses premiers travaux sur les femmes se situent pendant les années 70, en même temps que l’émergence du MLF auquel elle adhère, les années 70-80 correspondent également à une période de renouvellement de l’histoire, plus axée sur l’intime. Michèle Perrot est une des pionnières sur ces sujets, alors souvent boudés par ses pairs, elle s’immisce dans la sphère privée et dans l’intimité. Toujours animée par l’idée de mettre en lumière les oubliés de l’histoire, elle travaille sur l’univers carcéral avec Michel Foucault avec en 1980 la publication du livre collectif « L’Impossible prison », et évidemment sur les femmes en participant entre autre à la publication de « Histoire des femmes en Occident » aux côtés de Georges Duby et de Geneviève Fraisse.

Aujourd’hui, elle est incontestablement l’une des plus grandes figures de l’histoire des femmes et porte toujours un regard éclairé sur l’actualité du féminisme. Elle s’est beaucoup exprimée lors du mouvement #METOO, situant le mouvement dans la lignée du combat des femmes pour la libre disposition de leur corps, et insistant sur la rapidité de l’extension de ce mouvement qui a permis de toucher des femmes dans des situations complètement différentes, de religieuses du Vatican jusqu’aux actrices d’Hollywood ainsi qu’aux historiennes dénonçant l’inégalité sexuelle dans le milieu. Très fort soutien au mouvement elle se dit choquée du manque de solidarité des signataires de la tribune parue dans Le Monde pour «  la liberté d’importuner ».

De par son parcours universitaire mais également journalistique, Michèle Perrot a su mettre sur le devant de la scène ceux et celles qui ont été trop souvent délaissés. Et même à 91 ans (!!) elle continue d’écrire, de donner des interviews ou des conférences, pour réparer ce dommage, c’est pourquoi je vous invite tous, le jeudi 31 janvier de 17H à 19H à la station Ausone de Mollat à l’occasion d’un Grand Oral Sciences Po Sud Ouest.

Alice Martin

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